Violences conjugales : le parti LFI entaché

A la suite d’une main courante déposée par sa femme Céline pour violences conjugales, le coordinateur de La France Insoumise (LFI), Adrien Quatennens, a annoncé ce dimanche dans un communiqué sa mise en retrait du parti. 

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« Cet été, nous sommes partis en vacances en famille et nous y avons passé nos derniers moments de bonheur commun. C’est à notre retour que Céline (…) m’a exprimé sa volonté de divorcer. (…) Depuis cette annonce de séparation, nous avons eu des disputes. Dans l’une d’entre elle (…) je lui ai saisi le poignet. (…) Je lui ai pris sont téléphone portable. Voulant le récupérer, elle m’a sauté sur le dos. Je me suis dégagé et, en me relâchant, elle s’est cognée le coude. (…) »

« Dans un contexte d’extrême tension et d’agressivité mutuelle, j’ai donné une gifle. je l’ai donnée alors que cela ne me ressemble pas et cela ne s’est jamais reproduit. J’ai profondément regretté ce geste et je m’en suis alors beaucoup excusé. » Ce sont les mots d’Adrien Quatennens qui a pris le parti de partager des détails de sa vie privée sur les réseaux sociaux et d’avouer des excès de violences envers sa femme, publiant ce dimanche 18 septembre une déclaration officielle sur Twitter. 

L’annonce fait suite à un article du Canard enchaîné qui, quelques jours plus tôt, avait révélé qu’une main courante pour des faits de violences conjugales avait été déposée contre l’Insoumis par Céline Quatennens, son épouse depuis 2014, avec qui il est en instance divorce.

Dépôt de main courante

Si le dépôt de main courante n’est pas un dépôt de plainte, ce qui n’a pas pour objectif « d’engager des poursuites à l’encontre de l’auteur des faits, mais de signaler la nature et la date des faits aux forces de l’ordre », explique le site Service public, le parquet de Lille devrait donner tout de même une suite judiciaire à cette main courante en ouvrant une enquête.

Lors d’un dépôt de main courante dans le cadre d’un conflit familial, il est en effet d’usage que le parquet demande des éclaircissements pour s’assurer que la volonté de ne pas déposer plainte est bien réelle et qu’il n’y a pas de situation d’emprise psychologique. 

Mise en retrait

Le numéro 2 de LFI a reconnu que ses agissements et ses excès de violences ne pouvaient pas être sans conséquences politiques. Il a donc déclaré sur Twitter se mettre « en retrait de (sa) fonction de coordinateur de La France Insoumise pour protéger le mouvement, ses militants et toutes celles et ceux qui comptent beaucoup sur (lui) ».

Avant sa mise en retrait, Adrien Quatennens était considéré comme l’un des principaux candidats à la succession de Jean-Luc Mélenchon, l’emblématique leader des Insoumis. Même s’il est toujours soutenu par ce dernier, les agissements dont il a reconnu être l’auteur vis-à-vis de son épouse risquent bien de compromettre l’avenir politique du député du Nord.

Procès médiatique

Sur les réseaux sociaux qui se sont emparés de l’affaire, alors même que Céline Quatennens ne voulait pas s’exprimer là-dessus, de nombreuses réactions fusent, interrogant la pertinence d’un procès médiatique mais également la primauté des arguments féministes sur les arguments de respect de la vie privée. 

Jean-Luc Mélenchon lui a apporté sa « confiance » et son « affection » dans un message publié sur Twitter, malgré les aveux de violences de l’accusé. L’ancien candidat à la présidentielle en a profité pour dénoncer « la malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux » qui « se sont invités dans le divorce conflictuel d’Adrien et Céline Quatennens ».

Mais certains élus de la NUPES n’ont pas hésité à relever la contradiction d’un candidat qui se dit lutter contre les violences faites aux femmes et qui en inflige lui-même à sa propre épouse. L’écologiste Sandrine Rousseau s’est par exemple exprimé sur Twitter : « Les violences faites aux femmes prennent de nombreux visages. Aucun n’est acceptable. La justice doit se prononcer et en attendant A. Quatennens doit se mettre en retrait de tout ».

Les partis politiques concurrents à La France Insoumise n’ont pas non plus tardé à critiquer le soutien de Jean-Luc Mélenchon à son poulain. Charlotte Parmentier-Lecocq, député LREM relève les « propos scandaleux et inadmissibles » de l’ancien candidat à la présidentielle qui déduit, selon elle, la « malveillance policière » et le « voyeurisme médiatique » alors même qu’Adrien Quatennens reconnait des faits de violences envers son épouse.

Perrine Goulet, députée MODEM, ne comprend pas non plus la réaction de Jean-Luc Mélenchon. « Bizarre comme on pardonne à la France Insoumise quand c’est l’un des siens et qu’on s’offusque quand c’est chez les autres. » écrit-elle sur Twitter.

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Source: cerfia.fr