Rebondissement dans l’affaire Delphine Jubillar, l’infirmière disparue

Dans l’enquête sur la disparition de Delphine Jubillar, une nouvelle expertise téléphonique dévoilée aujourd’hui par RTL France rebat les cartes du jeu : et si le téléphone de l’infirmière n’avait jamais quitté le domicile conjugal ?

Le 15 décembre 2020 à 23 h, en plein couvre-feu, Delphine Jubillar est sortie de sa maison pour promener ses deux chiens. Elle était vêtue d’une doudoune blanche et avait avec elle son téléphone portable. C’est la dernière fois que l’infirmière de 33 ans a été vu vivante. Les chiens sont revenus sans elle, selon son mari.

Effectuée au cours de l’été, une analyse poussée de la couverture des relais téléphoniques dans une zone donnée, méthode portant le nom de « net monitoring », a révélé une position plus précise du téléphone de Delphine, lors de son dernier bornage.

D’après le rapport consulté par RTL, cette expertise « tend à indiquer » que le portable est resté à proximité immédiate du domicile du couple, rue Yves Montand, à Cagnac-les-Mines, jusqu’à son extinction à 7 h 48, le matin du 16 décembre 2020. Une nouvelle expertise téléphonique qui vient ébranler les acquis de l’investigation. Jusqu’à présent, l’enquête avait établi que le téléphone de l’infirmière avait borné sur une relais situé à 2 km du domicile.

Le téléphone déverrouillé à 6h52

Des expertises précédentes avaient déjà démontré que le téléphone avait été déverrouillé par une action humaine à 6h52, soit plusieurs heures après l’appel de Cédric Jubillar à la gendarmerie pour signaler la disparition de sa femme. L’enquête tente de comprendre qui est à l’origine de cette action.« La question devient d’autant plus cruciale à proximité immédiate du domicile et non dans un rayon de plusieurs kilomètres, zone dont la taille laissait ouverte les hypothèses de l’accident, de la disparition volontaire ou de l’enlèvement par un tiers », rapporte RTL France.

Cédric Jubillar, suspect numéro 1 de l’affaire

Ce nouvel élément vient fragiliser la défense de Cédric Jubillar incarcéré à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses depuis le 18 juin 2021. Delphine Jubillard devait refaire sa vie avec un autre homme et avait demandé le divorce. Une situation mal vécue par Cédric Jubillar qui reste le principal suspect dans cette affaire bien qu’il nie toute implication dans l’enquête sur le meurtre de sa femme. La défense de l’époux peintre-plaquiste mise sur l’absence de preuves concluantes dans ce dossier, qui fait patiner l’enquête de la police judiciaire.

Plaidoyer et réquisitoire

Si la fiabilité de ces résultats a été jugée « forte«  par les enquêteurs judiciaires, les avocats de Cédric Jubillar ont contesté avec fermeté la « fiabilité et la méthodologie » de l’expertise auprès de RTL. « La méthodologie utilisée, le net monitoring, n’est utilisée dans aucun dossier criminel, pour une bonne raison, c’est qu’elle n’est absolument pas fiable« , a argué maître Emmanuelle Franck auprès de la radio.

Avant d’étayer ses propos : « Nous le saurions si nous pouvions localiser de manière aussi précise un téléphone portable, ce serait utilisé depuis des années par les enquêteurs. L’expert dit lui-même qu’il faut prendre ses conclusions avec beaucoup de réserve, et donc on en revient à ce qu’on sait c’est que le téléphone active une cellule située à deux kilomètres du domicile.« 

Les défenseurs de Cédric Jubillar affirment que leur client est exonéré des accusations le voulant à l’origine de l’activation du Huawei de sa compagne à 6 h 52 car il était au même moment en présence de gendarmes dans la maison, entre 6 h 30 et 7 h 10, et « qu’il ne peut (donc) pas se servir du téléphone même s’il l’avait conservé, d’autant qu’il ne dispose pas du code de déverrouillage qui venait d’être changé par Delphine« .

affaire Delphine Jubillar

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Source: cerfia.fr