Qatar 2022 : 160 vols par jour, la polémique continue

Seulement quelques jours après le scandale du match-test qui a tourné au fiasco, la polémique autour de l’organisation de la Coupe du monde au Qatar continue avec la mise en place de navettes aériennes pour loger les supporters.

De toutes les Coupes du monde de football, celle attribuée au Qatar semble être –avec celle de l’Argentine en 1978- l’une des plus controversées. Après avoir fait fi des températures caniculaires, essuyé les critiques de la communauté internationale sur les conditions inhumaines vécues par les travailleurs sur les chantiers des stades, la FIFA continue d’enchaîner les scandales. Tous les regards sont tournés vers le championnat qui débute dans un mois.

« Une preuve de plus » du non-sens de l’évènement selon Jean-François Julliard

Le Qatar, grand comme l’Ile-de-France, qui compte seulement 2,8 millions d’habitants est censé accueillir la moitié de sa population nationale à l’occasion de la Coupe du Monde, du 20 novembre au 18 décembre. Même les plus nuls en maths peuvent deviner qu’il n’est tout simplement pas possible que le petit émirat du Moyen-Orient réussissent à héberger les quelques 1,2 millions de supporters attendus. C’est pourquoi il est prévu de mettre en place des navettes aériennes avec des pays voisins pour que les fans puissent y loger et faire l’aller-retour dans la journée.
Plus de 160 vols quotidiens à coût réduit, soit plus d’un avion toutes les 10 minutes, seront proposés aux supporteurs résidant dans les pays voisins du Qatar durant la Coupe du monde de football, du 20 novembre au 18 décembre.
À titre d’exemple, la compagnie Flydubai « proposera jusqu’à trente vols aller-retour quotidiens entre Dubai et Doha », aux détenteurs de billets pour l’événement. Pour se rendre à leur match et revenir à leur hôtel, les supporteurs devront débourser au moins 258 euros en classe économique, précisent nos confrères. L’organisation de la Coupe du monde n’a de son côté pas spécifié l’évaluation des conséquences de ces allers-retours incessants sur l’environnement. Ni évoqué la possibilité d’une compensation carbone.
L’information de L’Obs parue ce mardi 27 septembre fait énormément réagir. A commencer par Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace. « La prétention du Qatar à être la Coupe du monde la plus compacte de l’histoire est une fois de plus mise à mal », a-t-il réagi auprès de L’Obs. Selon lui, ces navettes aériennes sont « une preuve de plus » du non-sens de cet événement au niveau écologique.

Des scandales à gogo

La nouvelle polémique intervient seulement quelques jours après l’organisation d’un match-test au stade de Lusail qui a tourné au fiasco. Le 19 septembre dernier, sous une température extérieure de 34°C, les supporters ont dû composer avec une climatisation défaillante. Mais cela n’a pas été le seul problème de la soirée. En effet, les spectateurs n’ont pas pu se rafraîchir à leur guise puisqu’il n’y avait plus d’eau potable à la mi-temps, de quoi pousser certains à quitter le stade avant le début de la seconde période.

Autre problème, le métro. Une file de plus de 2, 5 kilomètres s’est formée à la station la plus proche de l’enceinte. « C’est un gâchis. Je ne veux plus aller à la Coupe du monde. Pas dans ces conditions, du moins », a déclaré un supporter égyptien au Het Laatste Nieuws.

Entre absurdité écologique, violation des droits humains et accusation de corruption, les organisateurs de la Coupe du Monde ne font pas l’unanimité et ce, dès l’instant où le Qatar a été choisi pour accueillir l’événement en 2010.

Lorsque l’émirat a obtenu le droit en 2010 d’organiser l’événement planétaire que tout le monde s’arrache, bon nombre d’observateurs était resté perplexe. Le président de la Fifa Sepp Blatter, lui-même, avait reconnu un an plus tard que l’attribution du Mondial 2022 au Qatar avait peut-être été une erreur en raison des températures avoisinant les 50°C en été.

M. Blatter avait même fini par admettre qu’il n’était « pas rationnel » d’organiser cette compétition sous des chaleurs dantesques, et c’est donc avec un certain embarras qu’il a été demandé aux différents championnats de voir s’il était possible de chambouler leur calendrier afin que cette Coupe du monde puisse se tenir en hiver…

Alors que le Qatar s’était engagé à organiser « la première Coupe du monde de la Fifa neutre en carbone de l’histoire », cet objectif paraît aujourd’hui plus que jamais irréalisable selon les observateurs. D’après Khaled Diab, l’un des dirigeants de l’ONG belge Carbon Market Watch, les émissions durant la compétition « seront considérablement plus élevées que prévu par les organisateurs », et les crédits carbone achetés pour les compenser ne seront « pas susceptibles d’avoir un impact suffisamment positif sur le climat ».

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Source: cerfia.fr