NASA : le trou dans la couche d’Ozone aurait tendance à se réduire

Selon un rapport annuel de la NASA paru à l’automne 2022, le trou de la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique aurait tendance à se réduire.

En 1974, Mario Molina et Sherwood Rowland, deux chimistes de l’université de Californie à Irvine, publiaient un article dans la revue Nature exposant les menaces que faisaient peser les gaz chlorofluorocarbonés (CFC) sur la couche d’ozone. À l’époque, les CFC étaient fréquemment utilisés dans les flacons pulvérisateurs et comme liquides de refroidissement dans de nombreux réfrigérateurs, s’accumulant ainsi rapidement dans l’atmosphère.

Après de vives attaques de la part de l’industrie chimique, le travail des deux chercheurs a finalement été reconnu 11 ans plus tard, en 1985, lorsqu’une équipe de scientifiques britanniques a saisi les conséquences désastreuses impliquées par leurs découvertes. Les CFC présents dans l’atmosphère avaient en effet provoqué un trou dans la couche d’ozone. La dégradation du bouclier d’ozone peut entraîner une augmentation des taux de cancer de la peau chez les humains et chez les animaux.

Mais grâce à la suppression progressive de produits chimiques nocifs décidée il y a 30 ans, le trou de la couche d’ozone se résorbe petit à petit.

Selon des scientifiques de la NASA et de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), le trou dans la couche d’ozone de l’Antarctique continue de se résorber et il a atteint une superficie moyenne de 23,2 millions de kilomètres carrés entre le 7 septembre et le 13 octobre de cette année.

Un trou élastique

Le « trou d’ozone » est un amincissement naturel et périodique de la couche d’ozone dans la stratosphère, qui joue un rôle important dans la protection de notre planète contre les rayons ultraviolets du soleil. Il se forme chaque année au-dessus de l’Antarctique à compter du mois d’août et atteint en règle générale son point culminant en octobre. Mais le recours massif à des produits chimiques dans le cadre des activités humaines contribue à accroitre ce phénomène naturel jusqu’à le rendre dangereux, autant pour la planète que pour les êtres vivants qui la peuplent.

La taille du trou de la couche d’ozone varie d’une année à l’autre, en fonction des conditions météorologiques et du volcanisme, rendant ainsi difficile l’identification d’une tendance à la résorption. S’il demeure relativement stable depuis le début du siècle d’après les scientifiques, sa taille a été la plus importante jamais enregistrée en octobre 2015.

La chimiste américaine Susan Solomon attribue la taille anormale du trou en 2015 en grande partie à l’éruption d’avril 2015 du volcan Calbuco au Chili. Si les volcans ne rejettent pas de molécules de chlore dans l’atmosphère, leurs petites particules contribuent à l’augmentation du nombre de nuages stratosphériques polaires qui réagissent avec le chlore d’origine humaine.

Des mesures mises en place depuis 30 ans

Si les mesures mises en place pour résorber le trou de la couche d’ozone ont été prises il y a déjà 30 ans, ce n’est que depuis les années 2010 que les chercheurs se sont mis d’accord pour affirmer la véracité du phénomène soupçonné.

Au cours des années 1980, l’ozone présent dans l’atmosphère a chuté de façon remarquable, dès les débuts du fléau. La mise en oeuvre du protocole de Montréal adopté en 1987, considéré comme un véritable succès en matière de coopération internationale, a progressivement interdit les gaz industriels chlorés et bromés (CFC) ; la couche d’ozone s’est alors stabilisée.

Les scientifiques estimaient à cette époque qu’il faudrait de nombreuses années pour voir les effets bénéfiques de cette interdiction car la durée d’un atome de CFC peut aller jusqu’à 60 ans. La baisse annuelle attendue était estimée à 3 % par an en moyenne.

Au cours des dernières années, les chercheurs ont découvert que le trou atteignait le seuil de 12 millions de kilomètres carrés beaucoup plus tard au cours du printemps austral, ce qui indique que le trou observé au mois de septembre dans la couche d’ozone a réduit de façon conséquente. D’après les scientifiques, le trou de la couche d’ozone a diminué de plus de 4 millions de kilomètres carrés. Le trou n’est par ailleurs plus aussi profond qu’il l’a été.

« Le fait qu’il y ait un retardement dans l’ouverture du trou de la couche d’ozone est vraiment un élément-clef », expliquait la chimiste américaine Susan Solomon en 2016. « Sa surface s’accroît plus tard dans l’année, il est plus petit et de moins en moins profond. Toutes les mesures sont effectuées de façon indépendante et il est difficile d’imaginer une autre explication alors même qu’elles suggèrent toutes une résorption. »

Quatre ans après les explications optimistes de Susan Solomon, Paul Newman, responsable scientifique des sciences de la Terre au Goddard Space Flight Center de la NASA, aux États-Unis continue en ce sens :

« Nous constatons une certaine fluctuation, car les changements météorologiques et d’autres facteurs font légèrement osciller les chiffres d’un jour à l’autre et d’une semaine à l’autre. Mais dans l’ensemble, nous constatons une diminution au cours des deux dernières décennies. L’élimination des substances appauvrissant la couche d’ozone par le protocole de Montréal réduit le trou. »

Suivez toute l’actualité au quotidien sur notre compte Twitter @CerfiaFR. Pour plus d’infos « INFOS », découvrez notre rubrique dédiée.

Source: cerfia.fr