KohLantess en prison : avisés de la présence d’un violeur dans leur vidéo, les organisateurs retirent la vidéo de YouTube

Les organisateurs de « KohLantess à la prison de Fresnes » ont décidé de supprimer leur vidéo de YouTube, le 22 août, après la découverte de la participation d’un meurtrier et d’un violeur à leur émission. Ils indiquent ne pas avoir été mis au courant du casier judiciaire des participants et condamnent un non-respect de l’engagement de la direction de la prison et du ministère de la Justice.

Deux condamnés pour crime présents dans leur émission. La production de la vidéo « KohLantess à la prison de Fresnes », qui est au cœur d’une polémique depuis sa diffusion le 19 août, a décidé de supprimer la vidéo de YouTube après avoir découvert que deux prisonniers, condamnés pour des crimes « résultant d’une atteinte à l’intégrité physique et/ou morale d’une personne », ont participé à leur émission.

Dans un communiqué de l’équipe KohLantess, publié le 22 août au soir, les organisateurs expliquent que la confiance « accordée au centre pénitentiaire de Fresnes ainsi qu’au ministère de la Justice a été rompue » après la découverte du « casier judiciaire lourd » d’un des participants.

https://platform.twitter.com/widgets.js

La production de l’émission a tenu à préciser que si elle avait eu connaissance du profil de ces détenus sélectionnés par la prison, la vidéo « n’aurait jamais été tournée et encore moins diffusée », avant de supprimer la vidéo « par respect pour les victimes ».

Pourquoi ces détenus ont participé à la vidéo ?

Le 19 août était publiée sur YouTube la vidéo « KohLantess à la prison de Fresnes » dans laquelle s’affrontaient, à travers plusieurs épreuves, des détenus de la prison, des gardiens et des habitants de la ville de Fresnes dans le Val-de-Marne. Test de culture générale, tir à la corde, course de karts, parcours du combattant, les trois équipes se sont affrontées pour que 2 700€ soient distribués, en fonction du score des équipes, à trois associations solidaires de la ville de Fresnes.

https://platform.twitter.com/widgets.js

Si les organisateurs de l’événement « KohLantess à la prison de Fresnes » avaient posé comme condition « sine qua non » à la réalisation de la vidéo que les détenus sélectionnés soient uniquement des personnes condamnées pour des petites peines sans lien avec « une atteinte à l’intégrité physique et/ou morale d’une personne », deux d’entre eux ont été condamnés à des crimes. Un pour viol et l’autre pour meurtre.

Le violeur a été condamné à dix ans de réclusion criminelle pour viol en 2021 et sa fiche pénale fait état de nombreuses affaires de vols, dont certaines avec arme, de plusieurs condamnations pour trafic de stupéfiants ainsi que d’une évasion en 2018 alors qu’il était placé sous bracelet électronique, selon nos confrères de France Info, qui ont eu accès à cette fiche pénale.

https://platform.twitter.com/widgets.js

Si la majorité des participants de cette émission de KohLantess sont des détenus condamnés à des peines courtes, l’administration du centre pénitentiaire de Fresnes a aussi décidé de faire participer deux condamnés pour crime au nom du principe de réinsertion.

Le détenu condamné pour viol, et qui devrait sortir de prison en 2031, présent dans l’épreuve de tir à la corde est inscrit depuis son incarcération à des activités scolaires et universitaire. Le détenu condamné pour meurtre est aussi inscrit dans un processus de réinsertion et fait partie des détenus auxiliaire qui se chargent, entre autres, du ménage et de la distribution des repas dans la prison. Il est aussi inscrit à des activités scolaires et suit une formation professionnelle en coiffure.

Le centre pénitentiaire de Fresnes a donc considéré ces détenus comme apte à participer à la vidéo puisque les activités de réinsertion sont proposées dans les établissements français, même aux personnes condamnées à de lourdes peines de prison. En effet, l’article D521 du Code de la procédure pénale stipule que « les personnes détenues prévenues majeures âgées de moins de vingt et un ans participent à des activités d’enseignement, de formation, de travail et socioculturelles et sportives ou de détente, sauf si le magistrat chargé du dossier de la procédure en dispose autrement ».

Une vidéo qui n’aurait « pas dû avoir lieu »

Mais cette polémique concernant la présence d’un homme condamné pour viol et d’un autre condamné pour meurtre n’est pas la seule qui gravite autour de la vidéo « KohLantess à la prison de Fresnes ». En effet, plusieurs membres de l’extrême droite, comme Damien Rieu, affirment que l’événement a été financé par les « impôts » des Français.

Cependant, les organisateurs de cet épisode de KohLantess ont confirmé que « tout ce qui a été utilisé pendant l’événement, de la bouteille d’eau au karting, a été financé par les équipes de ‘KohLantess’ ». De plus, Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, a indiqué à nos confrères de France Info, que « l’événement exceptionnel » n’a « pas coûté un sou à nos impôts, au contraire des 110 euros par jour que [] coûte chaque détenu, puisque la production a tout payé ».

https://platform.twitter.com/widgets.js

Pour ce qui est des 2 700€ versés aux trois associations représentées par les équipes des détenus, gardiens et jeunes de la ville de Fresnes, ils ont été donnés par la prison de Fresnes. 1 700€ ont été reversés à l’association Arc-en-ciel, qui réalise le rêve d’enfants malades, 650€ ont été reversés à l’association Relais Enfants-Parents et les 350€ restants ont été gagnés au profit de l’association Unitess, qui a pour ambition de créer du lien entre les jeunes de quartier et les institutions.

Le ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti, a, de son côté, indiqué qu’une enquête sera ouverte pour que la lumière soit faite concernant la tenue de cet épisode de KohLantess au sein de la prison de Fresnes.

https://platform.twitter.com/widgets.js

Si certains soutiennent que le ministère de la Justice était au courant de la tenue de cet épisode de KohLantess, certains, comme Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, disent que seul le directeur de la prison Fresnes a validé son organisation. Il confirme que ni le ministère de la Justice, ni le directeur centrale de l’administration pénitentiaire n’étaient au fait de « la tenue d’une course de karts » ou de la construction temporaire d’une piscine dans la prison. Le porte-parole du gouvernement a aussi indiqué que, selon lui, la « course de karts n’aurait pas dû avoir lieu dans cette prison ».

https://platform.twitter.com/widgets.js

Suivez toute l’actualité au quotidien sur notre compte Twitter @CerfiaFR. Pour plus d’infos « INFOS », découvrez notre rubrique dédiée.

Source: cerfia.fr