Funérailles de la reine d’Angleterre : « God save the queen »

Lancée il y a 10 jours après l’annonce de la mort de la reine d’Angleterre, entre discours nationalistes et anti-monarchiques, l’Opération London Bridge touche à sa fin. Les funérailles prévues le 19 septembre s’annoncent spectaculaires. 

Le grand récit national 

« God save the Queen », c’est le titre de l’hymne national britannique. On l’entend au début des matchs de football. Il accompagne les grands défilés. Il rythme les cérémonies officielles. Il résonne durant les mariages princiers. Il s’agit de porter bonheur au règne du souverain. Mais le 8 septembre dernier, le monde s’est emparé de ces quelques mots pour signifier son chagrin lorsqu’il a appris que la monarque qu’il croyait immortelle ne l’était finalement pas. Le 8 septembre dernier, Dieu n’a pas réussi à sauver la reine d’Angleterre, il l’a accueilli dans ses bras. 

Une autre facette de l’Histoire

« God save the Queen », c’est l’hymne de toute une nation, le symbole de l’unité d’un royaume. Cependant, même en ces jours de deuil national où les voix sont censées résonner à l’unisson, le royaume demeure en désaccord. Alors que les hommages affluent à la suite de la mort de la reine, des mouvements sur les réseaux sociaux offrent une autre facette de l’Histoire. 

Sur la scène internationale, des Irlandais, des Autochtones d’Océanie, des Indiens et des Africains qui ont vécu sous la férule britannique en profitent pour rappeler au monde la violence du colonialisme. Les utilisateurs irlandais, noirs et indiens de Twitter se déchaînent depuis jeudi. De nombreux internautes ont mis en ligne des vidéos de gens dansant devant le palais de Buckingham ou ailleurs, d’autres exprimant leur allégresse et des images de feux d’artifice. 

https://platform.twitter.com/widgets.js

Malgré les rappels à l’ordre, exigeant le respect pour la souveraine, certains internautes estiment que le décès de la monarque ne devrait pas être l’occasion d’entériner le récit national britannique mais de le remettre en question. 

La plupart des critiques dirigées contre la Reine le sont surtout contre la monarchie. A la fin de son règne, la monarque était devenue l’une des personnalités publiques les plus populaires au monde, et ce, surtout au Royaume-Uni. D’après un récent sondage réalisé par Ipsos Mori, près de 70% des adultes britanniques souhaitaient en 2016 qu’Elisabeth II reste reine le plus longtemps possible. 

La disparition d’une reine bien-aimée, montrée ces dernières années comme une sympathique grand-mère, pourrait faire le jeu des anti-monarchistes qui voient dans l’arrivée du roi Charles III la possibilité de verdir le blason royal. En attendant, « God Save the King »

Des funérailles spectaculaires 

Quatorze heures, c’est le temps d’attente avant de pouvoir se recueillir devant la dépouille de la reine d’Angleterre au palais de Westminster. Tout le monde se presse pour voir une dernière fois la monarque, installée sur un catafalque drapé de pourpre, le corps surplombé de la couronne impériale d’Etat, celle qu’elle s’était vue remettre le jour de son couronnement en 1953. Le public peut ainsi venir se recueillir, jusqu’à l’aube du lundi 19 septembre.

Dans le sillage de l’Opération London Bridge qui régit au millimètre près le protocole autour de la mort de la reine, la dernière étape aura donc lieu le 19 septembre. Après le rapatriement du corps de la Reine depuis l’Ecosse, la grande procession de Buckingham Palace à Westminster Hall et enfin l’exposition du cercueil à Westminster Hall, les funérailles de la monarque se tiendront ce lundi, après quoi l’enterrement sera organisé dans l’intimité familiale. 

La cérémonie funéraire est sous les feux des projecteurs, autant sur la scène nationale qu’internationale. Elle sera retransmise en direct sur les chaines du monde entier. A 9 heures du matin, Big Ben sonnera le début de ce jour férié pour les Britanniques. Quelques 2 000 invités pourront assister à ces funérailles d’Etat à l’abbaye de Westminster, là où la reine dit « oui » à Philip en 1947, là où elle fut couronnée en 1953.

La famille royale sera vraisemblablement présente au grand complet, tout comme la grande majorité des chefs d’Etat et autres têtes couronnées venues du monde entier. Emmanuel Macron, Joe Biden ou encore Ursula von der Leyen compteront parmi les invités, avec qui le roi Charles III s’entretiendra à l’occasion d’une réception organisée la veille des obsèques, selon les informations de Politico. Le chef de l’Etat Russe Vladimir Poutine a annoncé pour des raisons évidentes qu’il ne viendrait pas. 

Lorsque la cérémonie débutera à 11 heures, le royaume sera à l’arrêt : « Les trains ne seront plus annoncés. Les bus s’arrêteront et les chauffeurs descendront au bord de la route », précise The Guardian. A la fin de l’office religieux, les porteurs de cercueil installeront le cercueil sur un affût à canon, celui qui a servi à transporter le corps du père, du grand-père et de l’arrière-grand-père de la reine, tiré par 138 marins de la Royal Navy.

Le cortège remontera une dernière fois The Mall, tandis que la Royal Air Force rendra son dernier hommage à la cheffe des armées, qui a intégré l’Auxiliary Territorial Service, la branche féminine de l’armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux minutes de silence seront observées à midi dans l’ensemble du Royaume-Uni.

Une cérémonie spectaculaire qui marque l’aboutissement d’un deuil national généralisé, ou presque. « God save the Queen », n’est-ce pas ? 

Suivez toute l’actualité au quotidien sur notre compte Twitter @CerfiaFR. Pour plus d’infos « INFOS », découvrez notre rubrique dédiée.

Source: cerfia.fr