« French Gut » : allez donner votre caca

Vendredi dernier, dans le cadre de l’étude « French Gut », plusieurs instituts de recherches français ont lancé un appel aux dons d’excréments afin de les analyser et à terme de prévenir l’apparition de maladies telles que le cancer ou l’obésité.

Si vous voulez participer, il vous faudra vous inscrire en ligne, répondre à un questionnaire et envoyer votre échantillon de selles. Un kit vous sera envoyé par la Poste. Seuls les adultes majeurs résidant en métropole peuvent participer, exceptés ceux porteurs d’une stomie digestive, qui suivent une cure d’antibiotiques, ou qui ont subi une coloscopie dans les trois derniers mois. Les volontaires devraient être suivis jusqu’à la fin de leur vie.

« French Gut »

Vendredi dernier, l’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui fait office de précurseur dans la recherche scientifique en France, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), les hôpitaux de Paris ainsi que l’école d’ingénieurs AgroParisTech ont lancé l’étude « French Gut » qui doit durer cinq ans. Les porteurs du projet ont lancé un appel national pour collecter la matière fécale des Français. Le but : réunir 100 000 échantillons d’ici 2027, dont 3 000 avant fin 2022, selon Sciences et Avenir afin de cartographier le microbiote intestinal des Français.

Ce projet doit permettre « d’améliorer la santé et de diminuer les coûts liés aux maladies chroniques en constante augmentation ces dernières années (diabète, obésité, cancer, allergies, maladies inflammatoires chroniques intestinales…) » explique l’Inserm.

« Encore beaucoup de choses à comprendre »

Le microbiote intestinal et plus largement notre intestin, également appelé deuxième cerveau par les scientifiques, a encore une part de mystère. La flore intestinale renferme des bactéries, des virus et des champignons en grand nombre qui ont une incidence sur un tas de pathologies. Les analyser en dit beaucoup sur nos modes de vie : l’alimentation ou encore le stress.

« Aujourd’hui, on sait que le microbiote joue un rôle important dans nos fonctions digestives, métaboliques, immunitaires, neurologiques », rappelle Thomas Lombès, directeur général délégué à la stratégie de l’Inserm. « On sait aussi que son altération est une explication à beaucoup de pathologies, comme l’obésité, le diabète, la maladie de Crohn ou certains cancers. Mais on a encore beaucoup de choses à comprendre pour mesurer précisément son impact sur notre santé » a-t-il poursuivi. 

Avec le « French Gut », les scientifiques aimeraient en savoir plus sur les bactéries intestinales des Français et étudier des microbiotes en bonne santé. « La science du microbiote est vraiment essentielle pour ouvrir de nouvelles pistes préventives et thérapeutiques », a expliqué en conférence de presse le chercheur Joël Doré, expert du microbiote.

Une étude mondiale

Le « French Gut » s’inscrit dans une étude bien plus grande : le Million Microbiome of Humans Project lancé lors de la 14e Conférence internationale sur la génomique à Shenzen en 2019. La Chine, le Danemark, la Suède et l’Estonie y ont déjà participé et les premiers résultats sont attendus dès 2024. Leur objectif est de séquencer et d’analyser un million d’échantillons microbiens provenant des intestins, de la bouche, de la peau, de l’appareil reproducteur et d’autres organes au cours des trois à cinq prochaines années, afin de dresser une carte du microbiome du corps humain et de constituer la plus grande base de données au monde sur le microbiome humain.

Bien que les chercheurs du monde entier aient publié un grand nombre de documents de recherche dans ce domaine, il n’existe pas encore de base de données ouverte à grande échelle et normalisée sur la microbiologie humaine ni de cadre de partage de la recherche, ce qui limite considérablement la recherche sur le terrain et la communication. Grâce à la coopération entre plusieurs pays pour mettre en œuvre le plan de recherche principal du projet, la création de la plus grande base de données mondiale sur le microbiome humain favorisera fortement la recherche fondamentale et les échanges internationaux dans ce domaine.

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Source: cerfia.fr