Coupe du Monde au Qatar : un match-test qui tourne à la catastrophe

A deux mois du lancement de la Coupe du monde 2022 (20 novembre – 18 décembre), le Qatar a organisé hier un match-test au stade Lusail, qui accueillera la finale du championnat. De nombreux problèmes d’organisation ont été soulevés. 

Alors que le choix du Qatar pour accueillir le championnat mondial 2022 est déjà très controversé, le pays ne semble toujours pas prêt à organiser l’évènement, à deux mois du lancement de la Coupe du Monde. 

Fiasco

Sous une température extérieure de 34°C, les supporters ont dû composer avec une climatisation défaillante. Mais cela n’a pas été le seul problème de la soirée. En effet, les spectateurs n’ont pas pu se rafraîchir à leur guise puisqu’il n’y avait plus d’eau potable à la mi-temps, de quoi pousser certains à quitter le stade avant le début de la seconde période.

Autre problème, le métro. Une file de plus de 2, 5 kilomètres s’est formée à la station la plus proche de l’enceinte. « C’est un gâchis. Je ne veux plus aller à la Coupe du monde. Pas dans ces conditions, du moins », a déclaré un supporter égyptien au Het Laatste Nieuws.

Interrogé, le comité d’organisation a rappelé que ce match avait été organisé pour identifier les problèmes persistants et permettre de les résoudre avant le début de la Coupe du monde.

Boycott

Mais depuis la publication en mai 2022 du rapport d’Amnesty Internationale sur les violations en matière de « droits humains » dont sont victimes « plusieurs centaines de milliers » d’ouvriers des chantiers dans l’émirat, les appels au boycott de l’évènement se multiplient.

Plusieurs personnalités comme les ex-footballeurs Eric Cantona et Philipp Lahm, l’acteur Vincent Lindon qui a annoncé début septembre sur le plateau de C à vous qu’il ne regarderait pas la Coupe du monde. « On est dans un asile géant : la même année, il y a des Jeux olympiques d’hiver dans un pays où il n’y a pas de neige (à Pékin, NDLR) et une Coupe du monde dans un pays où il fait 60 °C à l’ombre et où ils ont construit une dizaine de stades réfrigérés…« .

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Le député LFI Alexis Corbière comptent boycotter cette Coupe du Monde 2022. « Les conditions ne sont pas réunies pour que notre Equipe de France se rende à cet évènement. C’est un scandale sportif, écologique et social » a ainsi déploré l’élu lors du Grand rendez-vous d’Europe 1 / CNews / Les Échos, début septembre. 

La construction de stades éphémères voués à ne pas être réutilisés, sept stades sur huit climatisés pendant 2 mois, près de 6 500 ouvriers immigrés morts sur les chantiers selon The Guardian, le droit des travailleurs qui n’est pas respecté, les suspicions de corruption dans l’attribution du Mondial …

Entre absurdité écologique, violation des droits humains et accusation de corruption, les organisateurs de la Coupe du Monde ne font pas l’unanimité, ce qui n’empêche pas la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher de prendre leur défense.  « Le fait de boycotter la coupe du Monde ne changera pas malheureusement les émissions de gaz à effet de serre de cet évènement », affirme-t-elle, assurant que « cette décision a été prise dans un autre contexte climatique ». 

Polémique

Cependant, le rapport d’Amnesty en mai dernier rappelait précisément que le choix du Qatar en 2010 était déjà « très controversé ». A l’époque, « les risques pour les ouvriers n’ont pas été pris en compte lors du processus de sélection du pays hôte » et ne figuraient pas dans le rapport d’évaluation de la FIFA, quand les « risques sanitaires » relatifs à la « chaleur extrême » ont, eux, bien été pris en compte pour les « joueurs, les spectateurs, les représentants officiels et la famille FIFA ».

A deux mois de l’ouverture du Mondial de football au Qatar, Amnesty International ne relâche pas son marquage sur la FIFA. Dans un sondage réalisé dans 15 pays (en Europe, aux Etats-Unis, au Mexique, en Argentine, au Maroc et au Kenya) pour le compte de l’organisation non gouvernementale (ONG) et publié jeudi 15 septembre, une majorité claire des personnes interrogées (73 %) se disent favorables à la création d’un fonds d’indemnisation par la Fédération internationale de football, « des travailleurs et travailleuses qui ont souffert lors de la préparation du tournoi ». Une proportion qui monte à 84 % chez les personnes sondées affirmant qu’elles regarderont au moins un match de la compétition.

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Source: cerfia.fr