COP27 : « Soit nous sauvons la planète, soit elle disparaît avec nous »

100 milliards de dollars par an. C’est le chiffre qu’avaient promis les pays industrialisés à partir de 2020 pour aider les pays pauvres d’Afrique à mener une politique environnementalle. Un moyen de sauver la planète. Macky Sall, président du Sénégal et de l’Union africaine appelle les nations riches et pollueuses à prendre leurs responsabilités vis-à-vis de cette promesse, jusque-là non tenue.

Du 6 au 18 novembre, à Charm El Cheikh en Égypte, vont se réunir plusieurs chefs d’État à l’occasion de la 27ème Conférence des Nations unies sur le climat. Le président sénégalais de l’Union africaine (UA) a été interrogé par franceinfo et avertit : « soit nous sauvons la planète, soit elle disparaît avec nous ». Il déclare que « le moment est venu de mettre sur la table la responsabilité de chacun et qu’elle en ait une conscience collective mondiale ».

« Les rendez-vous n’ont pas été respectés » 

Le président sénégalais pointe du doigt les pays riches et pollueurs. Le versement du financement promis n’ayant pas été repecté envers les pays les plus pauvres, afin de mettre en place une politique environnementalle.

« Nous avons constaté que les rendez-vous n’ont pas été respectés malgré quelques efforts. Depuis 2020, la communauté s’était engagée à mettre 100 milliards de dollars par an, jusqu’en 2030. On n’a pas encore les premiers 100 milliards. Alors que l’Afrique, à elle seule, a un besoin estimé par le Giec de 85 milliards par an d’ici à 2030, pour pouvoir respecter les objectifs de réduction de la température de la planète à moins de 1,5 degré ».

Le mécanisme des « pertes et dommages »

« On va les convaincre », raconte Macky Sall au sujet du mécanisme des « pertes et dommages ». Il explique que « si rien n’est fait, nous sortirons de Charm El-Cheikh avec un goût d’inachevé ». Macky Sall souligne que les africains font de leurs mieux.

« Au Sénégal, nous avons aujourd’hui 35 % de l’électricité qui vient de sources renouvelables. Nous nous sommes endettés également pour faire des trains et des bus électriques », explique le président sénégalais.

La question migratoire n’est pas un argument selon Macky Sall

« Ce n’est forcément un argument. Parce que si vous n’avez que des îlots de prospérité dans le monde, devant une écrasante majorité de pauvreté, rien ne pourra arrêter la volonté de migration. C’est un phénomène naturel », a-t-il déclaré au micro de franceinfo.

Il finit par expliquer que les pays africains ne demandent pas « l’aumône, nous pensons que c’est une responsabilité partagée. Les pays qui sont, depuis plus d’un siècle, les responsables de ce réchauffement doivent prendre conscience qu’ils doivent aussi apporter leur contribution pour que toute la planète ne suive pas le même chemin. Ce qui nous précipiterait vers une destruction certaine de la planète ».

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Source: cerfia.fr