À Kiev, les coupures « nous coupent du monde »

Depuis quelques semaines, la capitale ukrainienne est en proie à de nombreuses coupures d’électricités et à des problèmes au niveau de l’eau. Selon le gouvernement ukrainien, la Russie aurait détruit 40% des infrastructures énergétiques du pays, touchant seize régions.

« Depuis que la Russie sent qu’elle n’arrive à rien dans cette guerre contre l’armée ukrainienne, il semblerait qu’elle ait choisi de cibler les civils et rendre notre vie plus difficile », lance Demian, 23 ans, étudiant en master, actuellement à Kharkiv. D’ordinaire, il habite Kiev et comme lui, des milliers de personnes sont impactées par les coupures de courant et le manque d’eau. Lundi 31 octobre, 80% des 3 millions de consommateurs de la capitale ont été privé d’eau à cause de dommages sur une centrale électrique. Le gouverneur de l’oblast de Kiev, Oleksii Kuleba, avance même une « coupure totale » dans la région, si la Russie continue ses frappes aériennes. « Il n’y a plus du tout d’électricité, ni d’eau, ni de sources de chaleurs », a quant à lui ajouté Vitali Klitschko, le maire de Kiev. Les autorités de la ville se préparent à mettre en place 1.000 « points de chauffage ».

Coupés du monde

Damian se souvient des premières coupures. « La première fois c’était horrible, car elles arrivaient à n’importe quelle heure. Maintenant, elles ont tendance à être  » programmées » », explique-t-il. Lors de ces coupures, il est unanime – elles « nous coupent du monde ». Un monde dans lequel certaines choses « disparaissent » sans électricité. « Le réseau mobile, internet, plus rien ne marche. Il reste juste les choses physiques qui marchent sans électricité, comme les livres, le travail physique… et le pire est qu’il te reste plus que la transmission de l’information de manière orale », ajoute-t-il.

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Prêts à endurer

Pour tenter d’alléger le fardeau de la population, les compagnies d’énergie publient quotidiennement des emplois du temps durant lesquels les quartiers seront dépourvus d’électricité. C’est ce qu’explique Serhii, 26 ans, installé temporairement à Kiev depuis six mois, avec sa femme. « Heureusement, grâce à ces emplois du temps nous savons quand nous préparer aux coupures, et quand la lumière reviendra ». Il explique : « nous chargeons téléphones et ordinateurs en avance. On a acheté des réchauds pour pouvoir faire à manger. Pour l’instant il ne fait pas si froid, alors nous ne sommes pas morts de froid ». Les habitants de Kiev se disent pour la plupart prêts à supporter le poids des pannes pour le bien de la guerre. « Nous sommes prêts à endurer », lâche Serhii. Il explique aussi que les coupures de courant se produisent à des intervalles de quatre heures en général, pendant que des services compétents effectuent les réparations. Plus tôt dans la semaine, le maire de Kiev a annoncé que l’approvisionnement en eau et en électricité avait été rétabli dans la capitale ukrainienne.

« Hiver difficile »

Serhii et Damian sont unanimes sur la situation. « Combattre des civils relève du terrorisme », lâchent-ils. Pour Serhii tout particulièrement, il espère que « l’Ukraine et chaque ukrainien feront tout pour [notre] victoire ». Et d’ajouter, « il ne reste plus qu’à croire que le monde civilisé tout entier nous soutiendra et qu’il ne restera pas en marge pour nous regarder ». Le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal a donné le ton ce 1er novembre en exhortant les Ukrainiens à se préparer à un « hiver difficile », et à faire le plein de produits de première nécessité. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dénoncé quant à lui de la « terreur énergétique russe ». Le pays entre dans son neuvième mois de guerre.

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Source: cerfia.fr