A Kaboul, « nous avons perdu espoir »

Il y a un an jour pour jour, les Talibans s’emparaient de Kaboul, la capitale afghane. Un an après, comment la population vit-elle ce changement ?

Mohamad*, 27 ans, travaille à Kaboul dans une société commerciale en tant que directeur financier. Il y a un tout juste un an, sa vie a basculé. « Avant, notre vie était satisfaisante, les personnes avaient le droit d’étudier, les femmes travaillaient au gouvernement ». « Les personnes pouvaient exprimer leurs sentiments et leurs opinions de manière libre », résume-t-il. « Aujourd’hui, nous avons perdu espoir et nous avons l’impression de perdre tout ce que l’on possède dans ce pays. On se sent très triste », continue-t-il.

Un régime pervers

Le 15 août 2021, les Talibans prenaient le pouvoir en Afghanistan. Les combats s’étaient multipliés sur le territoire, jusqu’à atteindre la capitale, Kaboul. Cette prise de pouvoir a été facilitée par le retrait des troupes américaines et de l’Otan dans la zone. Les habitants se sont empressés de fuir la capitale, comme l’ont montré les images dramatiques de l’aéroport de la ville.

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Aujourd’hui, la population afghane – et particulièrement les femmes – sont privées de leurs droits. Récemment, elles ont organisé une manifestation pour réclamer des droits, qui a duré seulement cinq minutes avant que les Talibans n’interviennent.

Hier, 14 août, un jour férié a été décrété dans le pays, comme le « jour de la conquête et de la victoire du drapeau blanc » de l’Emirat islamique, a déclaré le représentant du gouvernement de Kaboul. « C’est le jour de la victoire et du bonheur pour les musulmans et le peuple afghan », s’est réjoui Bilal Karimi, porte-parole du régime afghan. Un jour de bonheur pour Mohamad ? « Je pense que le régime Taliban est un régime cruel, la plupart d’entre eux sont des personnes sans éducation qui ont la responsabilité de rendre la vie meilleure pour la population », explique-t-il. Et d’ajouter, « le régime Taliban est inutile, pervers ».

soldats Talibans à Kaboul en Afghanistan
Des soldats Talibans à Kaboul, en décembre 2021. VOA/Wikimedia Commons.

Un pays en crise

Pour lui, l’Afghanistan « s’écroule ». « Son économie, son éducation, son système de santé, sa démocratie, ses droits humains… C’est pourquoi la plupart des gens détestent les Talibans ici », ajoute-t-il. Il faut dire que le pays fait face à une pauvreté extrême et à une famine. Comme le rappelle Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, les Afghans ont besoin de paix, d’espoir, et d’aide.

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Quel avenir pour Mohamad ? « Ayant perdu espoir, je réfléchis constamment à un moyen de m’enfuir et d’avoir une meilleure vie à l’étranger. J’espère que nous ne devrons pas rester sous le régime Taliban. ». Et son travail ? « Pour être honnête, je n’ai pas travaillé un seul jour sous le régime des Talibans, alors j’essaye d’être patient. Nous verrons ce qu’il se passera ensuite ». Pour l’instant, les Afghans tentent de vivre une vie normale, le tout sous un régime « inutile et pervers ».

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* prénom modifié

 

Source: cerfia.fr